Un commentaire que j'ai posté sur un blog de ciné http://batman1985.canalblog.com/ et que je souhaitais conserver pour mémoire.
Fight Club est un de ces films qui je pense restera comme typique d'une époque, celle de la transition d'un siècle à l'autre.
Un film cynique et désabusé ? Pas si sûre. Beaucoup évoquent la critique de la société de consommation comme sujet du film. Pour moi, le film va beaucoup plus loin que ça. C'est à une psychanalyse qu'il nous invite. Et au contraire de ce qu'on dit, Fincher n'est ni anarchiste, ni désabusé ; il fait oeuvre de salubrité morale. 
Je le dis tout de suite, difficile d'expliquer mon point de vue sans révéler la fin mais bon, je vais quand même essayer.
Le film démarre bien sur un disours à la "Trainspotting", accusant ikea etc. Mais après la mise ne place du décor, Fincher nous donne le point de rupture du cheminement de son personnage : un consommateur comme les autres, Jack décide un jour de se laisser aller (en l'occurrence entre les seins d'un malabar au début du film). Et c'est cet acte, le fait de se lâcher pour la première fois, qui va être le point de départ d'un autre "Jack".
Dorénavant, nous n'avons plus 1 mais 2 "héros", l'un spectateur, l'autre acteur d'un même enchaînement d'événements, événements toujours brutaux et destructeurs. Et cet enchaînement va aboutir à confronter en définitive Jack à sa propre monstruosité, à son propre côté destructeur ; il va comprendre à quel point il est impliqué dans l'écroulement de la société.
Le parcours de ce Jack, me fait penser à un parcours en psychanalyse : laisse toi aller, et regarde d'un oeil extérieur ton parcours, tu vas voir plus clairement l'enchaînement des choses, et tu vas comprendre dans quelle mesure tu es acteur de ce parcours.
En résumé, ce que nous dit Fincher, je crois, c'est en gros : tu trouves que c'est moche ce qui a autour ? Alors, regarde en toi-même et demande-toi dans quelle mesure tu n'es pas acteur de cette horreur.
Comme une critique de notre schyzophrénie à nous tous, qui critiquons la société sans reconnaître que nous en faisons intégralement partie, comme si nous étions seulement les spectateurs extérieurs d'un monde qui s'écroule. Fincher me semble au contraire vouloir dire : la "société" est critiquable, c'est vrai, mais cherche un peu si toi tu n'en es pas acteur en réalité. En mettant en lumière cette scyzophrénie, Fincher tente de nous inviter à nous psychanalyser tous, individuellement, plutôt que d'en rester à une critique "extérieure" de la société de consommation.
Bref, un grand film dans son idée de départ, parce qu'il va plus loin qu'une critique de la société de consommation. Même s'il y a bien quelques longueurs d'après moi...
Avec Brad Pitt, Edward Norton, Helena Bonham Carter, ...
Année de production : 1999








